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Une visite imprévue

Pièce en trois actes pour jeunes acteurs

Personnages :

  • La Comtesse Coraline de La Cride
  • La Comtesse Emma de La Cride
  • Le Comte Raphaël de La Cride
  • La Comtesse Chloé de La Cride (cousine germaine)
  • Le Comte Alban de La Cride (cousin germain)
  • La Marquise Cunégonde de Trouperdu, marraine du Comte, le père d’Emma et Raphaël
  • Mme Croupion Germaine, gouvernante et cuisinière
  • M. Ronchon Alvieu, Valet
  • M. Leouf Ignace, garde.

Acte 1 – Scène 1 Dans la cour du château de La Cride

-Coraline : Mes enfants et vous mes neveux et nièces, nous devons nous absenter quelques jours le Comte et moi ainsi qu’une grande partie du personnel, afin de nous rendre chez le Marquis de Fuveau à quelques 200 lieus d’ici. Comme vous le savez, ce Marquis est un vieux bonhomme grognon n’ayant jamais eu de descendance et de ce fait ne supportant pas les enfants. Nous avons donc décidé de vous laisser au château et vous confier aux bons soins de Germaine et Alvieu. Nous laissons aussi pour veiller sur vous Ignace, soldat certes peu futé mais robuste et gaillard. Nous rentrerons le troisième jour écoulé pour la Saint François. Montrez-vous dignes de votre rang et obéissez bien à Germaine. Ne commettez point de vilainies et vous Raphaël surveillez votre langage.

(La Comtesse se retire.)

-Emma : Yahouuu ! Nous voilà seuls, libres, nous sommes les maitres du château. Bon, qu’allons-nous faire ?

- Raphaël : Je vais sur mon bloc. Tu viens Alban ?

-Emma : Ton bloc ?

- Raphaël : Oui, père m’a offert un coin à moi tout seul où je suis libre d’inviter mes amis à discuter et à jouer. Ce gros rocher derrière les écuries, c’est mon bloc. Je peux même écrire sur mon bloc si je veux et faire les bruits que je veux : des pams, des poums et des touiiits. Il a dit qu’on pouvait même s’échanger des touiiits. Vous pourrez touiiiter tranquille sans me réveiller a-t-il ajouté.

-Emma : Mon pauvre Raph, il t’a exilé sur ce vieux rocher pour pouvoir faire sa sieste tranquille. Ha ! Ha ! Son bloc, ses touiiits, viens Chloé, allons voir la figure des livres dans ma chambre.

(Tout le monde quitte la scène, fin de l’acte.)

Acte2 – Scène 1 : Dans la salle du château

-Emma : Je m’ennuie

-Les enfants : Nous aussi

-Emma : Si on faisait une farce à ce benêt d’Ignace ?

-Les enfants : Oui ! Oui ! Oui !

-Emma : Courageux comme il est, nous ne devrions pas avoir de mal à lui faire peur, mais comment ?

-Chloé : Les écuries sont vides et ce grand espace déserté est bien impressionnant.

-Alban : Bonne idée. On peut s’y cacher facilement.

-Raphaël : Je vais lui envoyer quelques touiiits bien lugubres.

-Les enfants : RAPHAËL !

(Raphaël croise les bras et boude)

-Emma : Allons dire à Mme Croupion d’envoyer Ignace Leouf dans les écuries où nous avons entendu de drôles de bruits.

Fin de la scène.

Acte2 – Scène 2 : Dans les écuries

(Les enfants sont réunis autour d’une botte de paille)

-Emma : Avant de faire venir Ignace, nous devons réfléchir à ce que nous allons préparer.

-Raphaël : J’ai vu une grosse bobine de corde accrochée à l’entrée.

-Chloé : Oui, nous pourrions nous en servir pour faire croire à un fantôme.

-Alban : Ha ! Et comment comptes-tu faire, Madame la maline ?

-Chloé : Pffu ! Oui Monsieur, je suis plus maline que toi.

-Emma : Chut, c’est bon, je crois avoir compris l’idée de Chloé. Nous allons attacher des cordes à divers objets que nous déplacerons ou ferons tomber. En ajoutant à cela quelques bruits lugubres, le garde protecteur devrait détaler à toute vitesse.

(Rire général)

-Emma : Viens Chloé, allons voir les objets que nous allons utiliser. Les garçons, avec vos poignards coupez des longueurs de corde de 30 pieds chacune à peu près. (Rideau)

Acte 2 – Scène 3

-Emma : Voilà, tout est prêt. Chacun de vous a sa corde. Je vous rappelle l’ordre : d’abord Alban qui fait tomber la fourche dans l’enclos de gauche, puis Raphaël, fait choir le fouet de l’étagère à l’entrée, ensuite Chloé fait dégringoler la boite où sont rangé les vieux fers et qui va faire un bruit terrible et je terminerai en faisant glisser le coffre où sont rangée les brosses et les chiffons. A ce moment-là chacun émettra un bruit sinistre et inquiétant.

(Rire général)

Alban, va prévenir Germaine et reviens vite te cacher avant qu’Ignace n’arrive.

(Rideau)

Acte 2 – Scène 4 (Le piège est en place)

(Arrivée d’Ignace Leouf)

-Ignace : Ha, boun dé Diou dé boun dé Diou. J’étais tranquillement installé dans ma tour de garde, je fumais ma pipe en pensant…(temps mort)…à rien et voilà que Madame Croupion m’envoie inspecter les écuries. Que peut-il bien y avoir dans des écuries vides à part des rats et des souris.

(Chute de la fourche)

Ha boun Diou ! Què, què, qu’est-ce que c’est ? Qui va là ! Montrez-vous, que je vous vois.

(Il se dirige vers le bruit, inquiet.) (Chute du fouet)

(Sursautant, Ignace se retourne)

-Ignace : Houlalalalala, allez, montrez-vous, je n’ai pas peur de vous.

(Il avance en tremblant en serrant un bâton ramassé au sol.)

Attention, je suis Leouf, faut pas me chercher.

(Il se dirige vers la sortie en reculant). (Chute des fers à cheval).

Houllouillouillouillou ! (Il plonge derrière une botte de foin)

Ne me faites pas de mal, pitié, pitié.

(La grande caisse de brosses se déplace et se dirige vers Ignace. En même temps des cris lugubres se font entendre).

-Les enfants : houuu ! houuu ! houuu !

(Ignace bondit comme un diable hors de sa boite et s’enfuit)

-Ignace : Au secours ! Au secours ! A la garde, non, la garde c’est moi. Au secours !

(Les enfants sortent de leur cachette en riant).

-Chloé : Ha, ha, ha, pauvre Ignace.

-Alban : Quelle belle farce.

-Raphaël : Ha oui, j’ai trop bien rigolé. (Imitant Ignace) Au secours, Au secours…

-Emma : Ha, ha, il a même appelé la garde.

(Rideau).

Acte 3 – Scène 1 : La visite

(Les enfants jouent dans la cour du château, le bruit d’un carrosse et des cris de cochet font lever les têtes vers l’entrée du château.)

-Ignace : (Fort) Un carrosse se dirige vers le château.

-Emma : Je pense que le bruit a réveillé notre garde.

(Rires. Un beau carrosse franchit le portail et s’arrête dans la cour.)

-Emma : Aie ! Aie ! Aie ! Fini la tranquillité. C’est cette vieille peste de Marquise, Cunégonde de Trouperdu, marraine de père le Comte. Je vous préviens, elle est sourde comme un pot.

-La Marquise : Les enfants, je suis ravie de vous voir. Vos parents ne sont pas là ?

-Raphaël : Non, ils sont à Fuveau.

La Marquise : Ils sont allés voir le veau ? Qu’a-t-il donc de si extraordinaire ce veau ?

-Les enfants : FUVEAU !

-La Marquise : Ne criez pas, enfin, je ne suis pas sourde. Ils se sont rendu à la fête de ce vieux coquin de Marquis, j’aurai du m’en douter. Il ne m’a même pas invité, ce rustre. De toute façon je ne m’y serai point rendu. Ha, je suis bien seule dans mon château, personne ne me rend visite et le jour où je me déplace, personne pour m’accueillir. Ha misère…

-Emma : Nous sommes là, madame La Marquise, tout va très bien, tout va très bien.

-La Marquise : Dits-moi Emma, ne sont-ce pas là votre cousin et votre cousine germaine, enfants du Comte de Rousset ?

-Emma : Si fait, Marquise, Chloé et Alban.

-La Marquise : Le banc ? Vous voudriez me faire assoir sur un banc ?

-Raphaël : NON ALBAN, LE COUSIN ALBAN

-La Marquise : Ha ! Mais pourquoi diable cries-tu tout le temps ?

(Chloé arrive en portant un gros fauteuil en bois)

-Chloé : Asseyez-vous Marquise, Germaine va vous servir une boisson. (tout bas) Posez vos grosses fesses rondes, Cunégonde.

-La Marquise : Merci mon enfant, mais qu’as-tu dit, je n’ai pas bien compris.

-Chloé : Heu, rien d’important, rien d’important.

-La Marquise : Vos parents rentrent ils ce soir ?

-Emma : Non demain en fin de journée.

-La Marquise : Quel dommage, je vais donc devoir m’en retourner.

-Raphaël : Poil au nez.

-La Marquise : Cher petit, il est peiné. Sache que moi aussi

-Raphaël : Poil au zizi.

La Marquise : Ha, comme il est charmant lui aussi est désolé.

(Raphaël ouvrant de grands yeux se retient de rire. Germaine apporte un grand plateau avec des verres, une carafe d’eau fraiche et une coupe remplie de fruits.)

-La Marquise : Une petite collation avant de reprendre la route me fera du bien. Toutefois, j’hésite à demander à Germaine de me préparer une chambre pour une nuit ou deux et partir demain voire après-demain.

-Raphaël : Poil au sein.

-La Marquise : Un chien ? Où y a-t-il un chien ? J’ai horreur de ces bêtes. Allons mon enfant pourquoi parles-tu de chien ?

(Emma voyant là une occasion de s’amuser, renchéri)

-Emma : les chiens de la meute de père ont cassé la porte de leur enclos et se sont éparpillé tout autour du château. Ils n’obéissent qu’au Maitre-chien qui est parti avec nos parents. Ces sales bêtes ont la fâcheuse manie de mordre les passants aux mollets surtout si ceux-ci sont un peu dodus.

(Elle regarde avec insistance les mollets de La Marquise).

Les vôtres sont fort beaux et bien appétissants.

-La Marquise : Houlàlà, houlàlà ! Je viens de me souvenir de choses urgentes à accomplir ce soir en mon château. Je vais devoir vous quitter mes enfants. Saluez bien vos parents pour moi. JEANJEAN ! JEANJEAN ! Attelez les chevaux au carrosse, nous retournons sur nos terres. Dépêchons, allons, dépêchons.

-Les enfants : Poil au croupion. (Rires) (Rideau)

Une visite imprévue. Pièce en trois actes.
Tag(s) : #Théatre

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