Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bonjour, je m’appelle Emma et j’habite La Cride, un quartier de mon village Provençal. Sur le grand terrain familial, il y a ma maison, la maison de mon oncle, ma tante, mes cousins et la maison de Mamie avec son potager. Vivent aussi sur le territoire, ma chatte Lili et les deux oies, Gertrude et Aglaé.

Ce jour-là, un samedi, n’ayant pas école j’ouvrais les yeux, naturellement, sans réveil, lorsque j’entendis Mamie crier après je ne sais qui.

« Ha la sale bête ! Venir abimer mon potager après tout le mal que je me donne. Si je l’attrape je l’enferme dans le vieux poulailler. En prison les voleurs, en prison ! »

Curieuse, je m’habillais en hâte et descendais voir Mamie pour comprendre les raisons de sa colère.

« _Figure toi me dit-elle que deux belles salades ont été arrachées ainsi qu’un joli carré de fleurs qui égayait le jardin. Dis à Lili que si je l’attrape, je l’enferme dans le vieux poulailler.

_ Mais, Mamie, les chats n’aiment pas la salade ni les fleurs. Comment peux-tu accuser Lili de çà ?

_ Hier soir j’ai arrosé le jardin et la terre est encore toute mouillée et boueuse. Regarde bien et dis-moi si ce ne sont pas des empreintes de chat que l’on voit sur la scène du crime comme dirait la police. Tu penses que les oies dodues et lourdes comme elles sont n’auraient pas laissé d’empreintes ? »

Je devais me rendre à l’évidence, Mamie n’avait pas tort, mais je n’arrivais pas à me persuader de la culpabilité de Lili. Pauvre Lili, une Mamie chatte bien trop vieille pour faire ce genre de bêtise.

Toute la journée je n’entendis parler que de cette histoire. Les cancans allaient bon train. L’histoire de la voleuse de salades devint le sujet de conversation du jour.

Vers 17 heures, toujours convaincue de l’innocence de Lili, je décidais de mener mon enquête. Je devais vérifier deux points :

  1. Les traces de pattes étaient-elles bien celles de Lili ?
  2. Si les oies étaient coupables pourquoi n’y avait-il pas trace de leurs empreintes ?

Pour vérifier le premier point, je pris l’empreinte des pattes avants de Lili dans de la pâte à modeler que j’avais étalé au fond d’une boite. Lili se prêta au jeu sans râler pour une fois.

Je descendis dans le jardin de Mamie comparer les empreintes.

GAGNE !

Les traces dans le sol n’étaient pas celles de Lili. Trop petites. Lili avait des patasses bien plus grosses. Y avait-il un autre chat ? Et pourquoi des salades…mystère, mystère…

J’examinais les marques au sol de plus près, bizarre, bizarre.. C’était comme si ce chat n’avait que des pattes gauches. Les empreintes de Lili étaient bien différentes entre la droite et la gauche et là, elles étaient toutes identiques, que des gauches.

A côté on avait l’impression que quelque chose avait été poussé ou tiré sur le sol mouillé. Demain dimanche je continuerai mon enquête.

Le lendemain, je réuni mon frère Raphaël, ma cousine Chloé et mon cousin Alban. Je leur expliquais mes découvertes et leur demandais de m’aider à trouver de nouveaux indices. Chacun parti de son côté chercher, mais quoi ? je ne le savais pas moi-même.

Ce fut Raphaël qui découvrit le premier objet bizarre. Une longue planche fine, légère, cachée dans un buisson près du potager. A bien y regarder les traces au sol de l’objet poussé ou tiré correspondait à la largeur de la planche. Hum, hum….

Après déjeuner, enfin, Chloé nous permit de résoudre le mystère des salades de Mamie. Dans le nid des oies où elles avaient l’habitude de pondre et de se reposer, bien caché sous la paille elle avait trouvé un drôle d’objet.

Un reste de jouet cassé, une patte de chat en plastique. Tout devenait clair. Les oies s’étaient servies de ce jouet pour faire accuser Lili de leur forfait. Elles avaient poussé la planche jusqu’aux salades, en marchant dessus elles ne laissaient pas d’empreintes, pareil pour les fleurs qu’elles avaient aussi mangé, puis avec la patte en plastique avaient reproduit les traces d’un chat.

Avec toutes ces preuves j’expliquais à Mamie la ruse des oies qui aussitôt furent jugées, condamnées et enfermées six jours dans le vieux poulailler en punition de leur bétise.

Fuveau le 13 septembre 2013.

Des cancans sur la Cride
Tag(s) : #Histoires du soir

Partager cet article

Repost 0